XI. POUSSIN.Platon.Aristote.Tam turpe es.Musicam nes.scire quàmlitteras.S. Isidore.
298 ENTRETIENS SUR LES VIESter une pa$$ion guerriere dans l'ame de ceuxqui estoient presens : ce Musicien fit aussi-tost entendre un son Martial, & des cadencessi animées, qu'il les mit tous en colere. Cha-cun commença à chercher des armes ; & leRoy me$me entra dans une fureur $i étran-ge, qu'il échapa des mains de ses gardes pourprendre son épée, qu'il passa au travers ducorps de quatre per$onnes de $a $uite.Veritablement, luy dis-je, une musiquede cette nature ne $eroit pas fort diverti$$an-te, & il n'y auroit pas de plaisir, commevous dites, d'avoir des Peintres qui cauſaſſentde si cruels effets. Aussi ceux qui ont crûque la musique estoit necessaire aux plusgrands politiques, qui l'ont miſe entre les diſ-ciplines illustres, & mesme qui ont dit qu'ilestoit aussi honteux de ne la sçavoir pas,que d'ignorer les lettres, n'ont pas prétenduqu'on en fist un pareil usage ; & je croy aussique ce n'estoit pas l'intention du Poussin demettre ceux qui verroient ses Tableaux dansun ſi grand peril.Cependant si l'on considere bien la plus-part des choses qu'il a faites, on trouveraqu'il ob$ervoit exactement les maximes dontje viens de vous parler, & l'on verra dans ses