ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 175leur donnoit, parurent ſi mal ſatisfaitsqu'ils ne le considéroient plus comme ce-luy qu'ils avoient choisi avec estime, maiscomme un inconnu, & le moindre detous les Peintres. Ainsi dés le commence-ment qu'il fut arrivé à Naples, il eut tant desujets d'estre mal satisfait, que ses amis s'é-tonnoient comment il pouvoit travailler.Aussi les mauvais offices que l'Espagnolet &ceux de sa cabale luy rendoient continuel-lement auprés du Viceroy & de ceux quil'employoient, le troublérent si fort, que nepouvant plus re$i$ter à tant de traver$es, aprésavoir pensé à ce qu'il devoit faire pour s'endélivrer & se sauver d'un pays où il n'avoitpoint d'amis, il reſolut de quitter Naples, ſansen parler à personne. Estant sorti secrette-ment hors de la ville, il monta à cheval, &suivi de son valet, s'en alla à Rome, avecune diligence qui marquoit bien plus unefuite precipitée, qu'un retour premedité ;n'ayant égard, ny aux chaleurs de la saison,ny aux fatigues du chemin, ny à sa famillequ'il abandonnoit.Lorsqu'on sçut qu'il s'estoit retiré de lasorte, on arresta sa femme & sa fille, & onne les lai$$a point $ortir de Naples, qu'aprésZ 1)
LE DOMI-NIQUIN.