LE DOMI-NIQUIN.
178 ENTRETIENS SUR LES VIESconditions qu'il fit, estoient assez avanta-geuses, si la chose eût réüssi : car on luydevoit payer cent écus pour chaque figureentiére, cinquante écus des demy-figures, &vingt-cinq ecus des testes seules ; ce qui de-voit faire un prix considérable, eu égard à laquantité de cho$es qu'il auroit eu lieu de peindre pendant plusieurs années. Outre cela,on luy promettoit à la fin de son travail unpreſent conforme à la grandeur & à la beautéde ce qu'il feroit.Ces promesses pourtant ne satisfaisoient passes amis, qui connoissant son humeur & l'a-mour qu'il avoit pour le repos, prévoyoientl'inquiétude & les déplaisirs qu'il recevroit àNaples, par l'exemple de ce qui estoit arrivéau Guide & à Josephpin. En effet, à peineeut-il commencé de travailler, que ses en-nemis s'élevérent contre luy, & firent de sigrandes cabales pour décrier tout ce qu'ilfaisoit, que l'Espagnolet, qui estoit celuyde tous les Peintres qui en parloit avec lemoins d'emportement, disoit que le Domi-niquin ne méritoit pas le nom de Peintre, nesçachant pas mesme manier le pinceau. Desorte que ceux qui avoient traité avec luy,remplis des mauvaises impressions qu'on
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