ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 297voulu pour executer ce qu'il avoit imaginé,il se fâchoit contre luy-mesme, & rompoitsouvent ce qu'il avoit fait, sans le monstrer àProſpero Fontana qui fut ſon premier maiſtre.Et parce qu'on ne subçonnoit pas que cequ'il en faisoit vint d'une connoissance qu'ilavoit déja acqui$e du bien & du beau, on at-tribuoit ses emportemens à une humeur im-patiente, & à un degou$t qu'il avoit de lapeinture.Son pere l'ayant mis sous Domenico Te-baldi pour aprendre à graver au burin, il $ur-passa bien-tost son Maistre. Ce fut aprés l'a-voir quitté qu'il alla, comme je vous ay dit,avec Annibal par toute la Lombardie, pourpeindre d'aprés les plus beaux ouvrages quel'on y voyoit, que les ſiens auroient ſans doutebien-tost esgalez, s'il n'eust point quitté lapeinture pour s'attacher uniquement a la gra-veure, lors qu'ayant laiſſé Annibal à Parme, ils'en alla à Venise. Car bien qu'il n'ait rien gravéque de tres-considerable, & qui luy ait ac-quis beaucoup de gloire ; cette gloire nean-moins n'est pas comparable à celle qu'il eustpeu remporter, s'il ſe fut entierement apliquéa la peinture, pour laquelle il avoit des talenstous particuliers.P
AUGUSTINCARACHE.