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ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 277ses de son art, & à perfectionner toujours sesouvrages. Joseph Pin qui estoit d'une humeurtoute opposée, content de l'estime qu'il avoitacquiſe auprés des Grands, ne ſongeoit qu'àfaire sa fortune, & à paroistre dans un estatsemblable aux gens de la plus haute qualité,& tres-different des autres Peintres qu'il mé-prisoit. Comme on luy eut dit un jour qu'An-nibal avoit mal parlé d'un de ses ouvrages,l'ayant rencontré, il voulut mettre l'espée àla main pour ſe battre contre luy. Mais Anni-bal qui sçavoit que la veritable bravoure nedevoit estre entre eux, qu'en ce qui regar-de le mestier de peindre, & non celuy de sebattre en duël, prit un pinceau, & le luymontrant : C'est avec ces armes, luy dit-il,que je vous défie, & que je veux avoir afaireà vous, estant veritablement bien asseuré deremporter l'avantage ſur ſon ennemy.L'on ne peut encore aſſez loüer Annibal del'amitié qu'il avoit pour ses Eleves, & dusoin qu'il prenoit de les enseigner, non seu-lement par des paroles, mais encore par desexemples & par des demonstrations. Il avoittant de bonté pour eux, que souvent il quit-toit son ouvrage pour les voir travailler ; Etprenant le pinceau pour les corriger, il leurM m iij
ANNIBALCARACHI.