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3 (1684)
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ANNIBALCARACHE.

274 ENTRETIENS SUR LES VIESmes qui ne leur aquit pas moins d'honneur, quecet ouvrage donna de reputation à l'Albane.Il est vray aussi que ceux qui ont connu,Annibal, ont beaucoup loüé son desinte-ressement, & le peu d'affection qu'il avoit,non seulement pour les richesses, mais mes-me pour la loüange que la pluſpart des ou-vriers recherchent quelquefois avec tantd'empressement, qu'ils pensent moins à de-venir sçavans qu'à acquerir de l'honneur. Ilestoit persuadé que la gloire, qui semble estrela fin du travail des grands hommes, doit tou-jours les suivre. Que ce n'est pas à eux à la re-garder ny à courir aprés : mais qu'elle doiteſtre conſiderée par les autres ſans qu'eux meſ-mes s'en aperçoivent. Aussi son applicationcontinuelle aux choſes de ſon art, l'empeſ-choit de penser à ses affaires domestiques,& à ses interests particuliers. Il cherchoitla compagnie des gens ſçavans & ſans ambition. Il fuyoit les aplaudiſſemens de la Cour,& se plai$ant à vivre en particulier avec $esEleves, il estimoit que les heures les plusdouces de sa vie, estoient celles qu'il passoitauprés de la Peinture, qu'il avoit accoustuméd'appeller sa Maistresse. Aussi n'aprouvoit-ilpoint la maniere de faire de son frere Augu-