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3 (1684)
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ANNIBALCARACHE

272 ENTRETIENS SUR LES VIESment travaillé pour luy ; Lorsque ce Peintres'attendoit de recevoir des effets de sa libera-lité, un Espagnol nommé Dom Juan di Castro,qui s'intriguoit dans toutes les affaires du Pa-lais, aprés avoir fait une supputation du pain,du vin & des autres cho$es qu'Annibal avoitreceuës, perſuada au Cardinal de les luy mettreen compte, & de luy envoyer seulement unepre$ent de cinq cent e$cus d'or. Comme on leseut portez à Annibal, il fut si surpris qu'il nedit rien ; Mais fit bien connoi$tre par son silen-ce le déplaiſir qu'il reſſentoit ; non pas tout àfait du peu d'argent qu'on luy donnoit, parcequ'il n'en fai$oit nul compte, mais de ce qu'a-prés avoir achevé un travail si considerable, ilse voyoit trompé dans l'esperance qu'il avoiteuë de trouver dans la recompenſe qu'il atten-doit un témoignage glorieux de l'e$time qu'ondevoit faire de son ouvrage ; & aussi dequoysubvenir aux neceſſitez de la vie, & n'eſtre plusexpoſé à ſa mauvaiſe fortune.Comme Annibal eſtoit d'un naturel melan-cholique & timide, il ſe remplit tellement l'eſ-prit de son malheur, que depuis ce temps-là ilne fut capable d'aucun plaiſir, & tomba dans untel eſtat qu'auſſi-toſt qu'il vouloit ſe mettre àpeindre, il estoit contraint de quitter la pallette&

cunequonlicite par le cin-fresque /.###Kern.civale Troc.