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ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 247cette femme par un rouge repandu ſur tout ſonvi$age, & un certain feu dans ses yeux qui mar-que la violence de sa passion. Mais il y a encoreune autre ſorte de rougeur, qui venant d'unehonte niaiſe & ruſtique, eſt tout à fait deſagrea-ble. Ciceron l'appelle Subrusticus pudor. Et Ovi-de en loüant Cydippe marque la difference deces $ortes de rouges qui paroi$$ent $ur le vi$age.Là je demeuré quelque-temps ſans parler,comme pour reprendre haleine, puis-je conti-nué ainsi mon discours.Je voudrois bien vous dire quelque choſe del'esperance & du desespoir, dont les effets ontbeaucoup de raport à ceux que produiſent lajoye & la tri$te$$e. Mais comme je ne $uis pas deceux qui sçavent l'art de les peindre, peut estreaussi ne seray-je pas assez ingenieux à vous lesbien de$crire. Je vous diray neanmoins de quellesorte je les ay toujours conceuës ; & si je mesuis trompé en quelque chose, vous me leferez connoistre.Comme il y a peu de per$onnes ſans Eſperance, auſſi ne repreſente-t-on gueres d'actions oùcette paſſion ne puiſſe avoir place. Je m'imagi-ne que l'Eſperance n'eſtant qu'une penſée fla-teuse & pleine de douceur, que nous nousformons nous mesme d'un bien auquel nous

Epist. fam.s. 12.Et decor estvultus sinerusticitatepudentesEpist. 19.L'ESPERAN.ce.