ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 243espouvantée du danger où elle se trouve, cher-che du $ecours par tout. Et pour fortifier lecœur qui eſt le principe de la vie, elle amaſſeautour de luy, ce qu'il y a de ſang & de chaleurrespondu par tout le corps ; ce qui fait que levisage paslit dans les grandes frayeurs. Maisquand l'homme n'aprehende que les moindresmaux, je veux dire, ceux qui ne le menacentpas d'un peril extréme, mais $eulement quipeuvent diminuer sa gloire, & l'estime danslaquelle il est ; alors la nature n'est point es-muë si pui$$ament. Il n'y a qu'une certaine dou-leur qui agit sur les sens, laquelle n'estant pasassez forte pour envoyer toute la chaleur & lesang au dedans du corps, le laiſſe monter auvisage qui demeure couvert d'une rougeur,comme si c'estoit un voile que la Nature mes-me y mist pour cacher sa honte, & prevenirle secours que les mains donnent souvent auvisage dans de semblables rencontres. Ce queRaphaël a bien ſceu exprimer dans le Tableau,ou Adam & Eve sont chassez du Paradis Te-restre. Car il a representé Adam qui sort lecorps tout courbé, & se cachant les yeux avecles mains.Ce ſont auſſi les yeux, repartit Pymandre,qui $ont à mon avis les parties les plus affligéesHhij
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3 (1684)
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