ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 215Je ne crois pas qu'on puiſſe mieux repreſenterl'eſtat auquel on ſe trouve dans cette occaſion,que M. Poussin l'a fait dans un païsage qu'ilpeignit autrefois pour le sieur Pointel son amy.On y voit un homme, qui voulant s'approcherd'une fontaine, demeure tout effrayé en ap-percevant un corps mort environné d'un ser-pent: Et plus loin une femme assise & touteépouventée, voyant avec quelle frayeur cethomme s'enfuit. On découvre dans la con-tenance de l'homme, & $ur les traits de $on vi-sage non seulement l'horreur qu'il a de voir cecorps mort eſtendu ſur le bord de la fontaine,mais auſſi la crainte qui l'a ſaiſi à la rencontrede cet affreux $erpent dont il apprehende unsemblable traitement. Or quand la crainte dumal se joint à l'aversion qu'on a pour unobjet desagreable, il est certain que l'expres-sion en est bien plus forte. Car les sourcils s'éle-vent, les yeux & la bouche s'ouvrent plusgrands, comme pour chercher un a$ile, & de-mander du ſecours. Les cheveux ſe dreſſent à lateste, le sang se retire du visage, le laisse pasle& deffait, & tous les membres deviennent siimpui$$ans qu'on a peine à parler & à cou-rir : Ce que l'on voit parfaitement bien repre-ſenté dans ce tableau.
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3 (1684)
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