ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 21me nouvellement enflamé.Ceux qui connoistront bien les effets de l'a-mour, repris-je, ne pouront pas long-tempsignorer quels ſont les effets de la haine.Pour les bien comprendre, repliqua Pyman-dre, il n'y a qu'à chercher les causes de l'une& de l'autre, & considerer, que comme l'a-mour vient du ſentiment du bien qu'il a pourl'objet qu'il deſire & qu'il cherche, auſſi la hai-ne naiſt du ſentiment du mal qu'elle regarde &qu'elle fuit.Il est vray, repartis-je, mais il y a des hainesbien plus fortes les unes que les autres. Il s'entrouve qui ne ſont que des anthipaties natu-relles, & des aversions que l'on a pour certai-nes choses ; mais il y en a qui sont furieuses, &enragées, & qui durent juſqu'aprés la mort.Comme ces fortes haines, dit Pymandre,ne s'enracinent d'ordinaire que dans des corpsdominez par une abondance de bile, il eſt aiſé,ce me semble, à un Peintre qui veut represen-ter quelqu'un possedé de cette malheureusepa$$ion, de luy donner les marques qu'elle por-te avec elle. Les personnes genereuses & har-dies, ne ſont pas ſujettes à ce tourment com-me les poltronnes & les lâches, qui craignanttoutes choses conçoivent aisément de la haineDd iij
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3 (1684)
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