192 ENTRETIENS SUR LES VIESfus ravy de ce que la rencontre de Valere fit du-rer nostre conversation encore plus long-temps qu'elle n'auroit fait ; & de ce qu'il futcause qu'on dit des choses, ausquelles sans luyon n'auroit peut-e$tre pas pen$é. C'e$t au$$i,je vous l'avouë, ce qui m'a fait sortir si-tostpour ne vous pas manquer, afin que ſi d'autresaffaires ne vous empeſchent point, nous puiſ-sions dés aujourd'huy voir le Cabinet des ta-bleaux du Roy, & considerer les ouvrages deces grands Maiſtres dont vous nous parlaſtes.Si vous eſtes dans ce deſſein, luy répondis-je, il vaut mieux que nous allions aux Tuille-ries. Nous y trouverons les appartemens riche-ment meublez, & la Gallerie parée des plusbeaux tableaux de Sa Majesté.Pymandre fut ravy de cette proposition, &au$$i-to$t nous nous rendi$mes aux Tuilleries.Aprés avoir traversé les sales & les chambresornées de superbes tapisseries. Nous entras-mes dans le grand Cabinet, où sur la chemi-née eſtoit le tableau de la famille de Darius auxpieds d'Alexandre, peint par M. le Brun, & àl'oppoſite celuy où Paul Veroneſe a repreſentéNostre Seigneur avec les deux Pelerins en E-maüs. Nous les consideraſmes quelque temps à& Pymandre aprés avoir regardé avec plaisirceluy
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3 (1684)
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