ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 165commencée. Son reſſentiment contre le Ti-tien ne l'empeſchoit pas de connoiſtre & d'e-stimer son merite : de sorte qu'il resolut d'étu-dier d'aprés ſes tableaux, & d'aprés les ſtatuësde Michel-Ange, que l'on eſtimoit alors le Pe-re du de$$ein ; e$perant que par ce moyen ilpourroit de luy-mesme se perfectionner dansla Peinture. Ayant donc choisi les ouvragesde ces deux excellens hommes pour $es guide,il poursuivit son chemin, & l'on dit que pourne s'en éloigner jamais il s'en fit comme uneloy qu'il écrivit contre les murs de son cabi-net, avec ces propres mots. Il disegno di Mi-chel-Angelo, el colorito di Titiano.Il commença à faire provision de plusieursbas reliefs de plastre, pris sur les marbres an-tiques. Il fit venir de Florence de petits mo-delles faits par Daniel de Volterre, d'aprés lesFigures de Michel-Ange qui $ont à S. Laurens,& qui ornent les tombeaux des Medicis, &avec l'aide de toutes ces figures, il continua ſesétudes, travaillant souvent à la clarté de lalampe. Il avoit un Genie aisé à produire ; unefecondité tres-grande, & beaucoup de facilitéà exprimer ſes concepts. Mais ſçachant quepour devenir bon Peintre, il ne suffit pas d'a-voir une grande vivacité d'esprit, & uneX iij
LE TIN-TORET.