ET LES OUVRAGES DES PEINTRES. 143ouvrages, n'a point ce grand air, cette beau-té, ny ce vray, que nous voyons dans les ta-bleaux des Peintres d'Italie dont nous avonsparlé. Quoy qu'il ne paroiſſe pas que les Ita-liens prissent autant de peine a finir leurs ou-vrages que les Flamans, il n'y a rien cependantqui ne soit entierement achevé. Il semblequ'ils ayent eu un talent particulier pour tra-vailler avec plus de facilité, & pour repreſen-ter en moins de temps des choses plus no-bles, plus grandes & plus vrayes : Et c'est encela meſme qu'ils ſont plus eſtimables d'avoirsi bien sceu cacher l'art & le travail, qu'iln'y en paroist point.Y a-t-il rien de si agreable à voir que lespeintures de PAUL CAILLIARI DE VERO-NE. Ce n'est point dans les limites étroites dequelques petits tableaux qu'il a renfermé sonsçavoir ; c'est dans de grandes compositionsd'histoires que l'on découvre la force de sonpinceau. Ce Peintre a porté la beauté du colo-ris, & l'entente des lumieres aussi loin quepas un de ceux qui ayent paru juſqu'à preſent.Il nâquit à Verone l'an 1532. Son pere nomméGabriel Cailliari qui eſtoit Sculpteur, luy ap-prit d'abord à deſſeigner, & à faire des model-les de terre : Mais voyant que son fils avoit plus
PAUL VE-RONISE.