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MICHELANCE.

290 ENTRETIENS SUR LES VIEStent les jours & les ombres $i parfaitementqu'il n'y a rien de plus naturel? Cependant ily a bien de ces $ortes d'Ouvrages qui ne $ontd'aucune considération ; la bienséance qu'ondemande dans les Tableaux, & qui est en ef-fet necessaire pour la belle expression, & pourl'intelligence de l'Histoire, est vne partie pu-rement de speculation, ou plûtost de lecture& de memoire. Tout le monde y peut estreaussi sçavant que les Peintres, ausquels il n'estpas plus malaisé d'armer vn soldat à la Ro-maine, qu'à la Gauloise, ou vestir vne fem-me à la Turque, qu'à la mode d'Italie, quandon $çait de quelles armes ces differens peuplesse servoient, & quels estoient leurs habits.Le grand effort de cét Art est lors que lamain exécute heureusement, & par destraits bien formez, ce que l'esprit a conceû,en sorte que ces traits & ces figures expo-sent à la veuë les vraies images des chosesqu'on veut representer ; mais de telle sorte,qu'il y ait vne belle proportion dans les corps,& vne vive expression dans leurs actions, &dans leurs mouvemens. Voilà en quoy con-siste le dessein : c'est luy qui marque exacte-ment toutes les parties du corps humain, quidécouvre ce qu'vn Peintre sçait dans la science