ET LES OUVRAGES DES PEINTRES 195Car lors qu'on entre dans cette chambre& qu'on voit les fenestres, les portes, & lesautres endroits des murailles qui $emblenttomber, au$$i bien que ces montagnes, & cescolonnes feintes, l'on demeure tout surpris& il est bien difficile en les considérant den'avoir pas quelque $orte d'apprehension deleur chûte.Mais ce qui eſt particuliérement digne d'e-stre observé dans tout ce magnifique Ouvra-ge, c'est que toutes les parties en sont si vni-formes, & si bien attachées les vnes avec lesautres, qu'il n'y a nulle separation d'ornement;que toute la chambre n'est qu'vne seule pein-ture ; que les choses proches semblent d'vnegrandeur prodigieu$e ; que celles qui doiventparoître éloignees $e perdent, & diminuënt detelle maniére, que cette Salle paroist vne cam-pagne, & vn païs fort spacieux.Enfin, c est là que Jule Romain ayant don-né l'essor à ses belles imaginations, sembleavoir répandu comme par vne plenitude &par vn débordement de son sçavoir, vne infi-nité de nobles penſées, qu'on voit bien ne ſor-tir que d'vne abondance de belles notions,qu'il avoit acquises dans toutes les choses dela nature, & dans les $ecrets de son art.Bb
lui:ROMAIN.