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Troisième Partie (1746)
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169
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sur la Poesie & sur la Peinture. 169Le petit Moliere avoit à peine mon-tré par deux ou trois airs qu'il étoit pos-sible de faire mieux, quand Lulli pa-rut, & quand il commença de compo-ser pour les ballets de ces airs qu'on ap-pelle des airs de vitesse. Comme lesDanseurs qui exécutoient les balletscomposez sur ces airs, étoient obligez àse mouvoir avec plus de vitesse & plusd'action que les Danseurs ne l'avoientfait jusqu'alors, bien des personnes di-rent qu'on corrompoit le bon goût dela danse, & qu'on alloit en faire un Ba-ladinage. Les Danseurs eux mêmes n'en-trerent qu'avec peine dans l'esprit desnouveaux airs, & souvent il arriva queLulli fut obligé de composer lui mê-me les entrées qu'il vouloit faire dan-ser sur les airs dont je parle. Il fut obli- de composer lui-même les pas & lesfigures de l'entrée de la Chaconne deCadmus, parce que Beauchamps quifaisoit alors ses billets; n'entroit pointà son gré dans le caractere de cet air deviolon.Le succès des airs de vitesse donnal'idée à Lulli d'en composer qui fussenta la fois & vîtes & caractérisez. On ap-pelle communément des airs caractéri-sez ceux dont le chant & le rithme imi-Tome III.