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sur la Poësie & sur la Peinture. 109Je réponds en premier lieu, qu'il n'estpas bien certain, en vertu de ce passage,que les chœurs chantassent une musiquea notre maniere. Il est vrai qu'il paroî-tra d'abord impossible que plusieurs per-sonnes puissent déclamer en choeur, mê-me en supposant que leur déclamationfût concertée. On ne conçoit pas que ceschœurs pussent être autre chose qu'unecohue. Mais parce que la chose sembleimpossible sur la premiere appréhension,il ne s'ensuit pas qu'elle soit telle réel-ment. Il seroit même téméraire d'encroire si facilement notre imaginationsur les possibilitez, parce qu'on présumevolontiers que les choses sont impossi-bles, lorſqu on ne trouve pas le moyen deles exécuter, & la plûpart des personnesse contentent même de donner à la re-cherche de ce moyen un demi-quartd'heure d'attention. Peut-être qu'aprèsun mois de méditation, on aurait trou-vé les mêmes choses possibles dans laspéculation, & six mois d'applicationles auroient fait encore trouver possiblesdans la pratique. Un autre homme peutencore imaginer des moyens qui ne sontpoint à la portée de notre esprit. Cettediscussion nous meneroit trop loin. Ain-si je suppose que les chœurs ayent chanté