Reflexions critiques94Ainsi ce ne sont pas les Athéniens quiont besoin ici d'être excusez.Il est vrai que M. Dacier n'est pas le$eul qui $e $oit mépris $ur cette matiere-là, ses devanciers s'étoient trompezcomme lui. Je dirai la même chose deM. l'Abbé Gravina, qui, pour avoirsupposé que la mélopée des piéces dethéâtre étoit un chant musical, & la Saltation une danſe à notre maniere, a faitdans son livre de la Tragédie antique(a) une description du théâtre des an-ciens, à laquelle on ne comprend rien.Il est vrai qu'Aristote appelle Musiquedans le vingt-sixiéme chapitre de sa Poë.tique, (b) ce qu’il avoit appellé mélopéedans son sixiéme chapitre. Neque parvuspraeterea Tragædiæ ex muſica & apparatucumulus accedit quibus validissimè conci-liatur voluptas. » La Tragédie ne tire„pas un avantage médiocre de la musi-" que & de l'appareil de la représenta„tion, qui font tant de plaisir. » Maisc'est que l'art de composer cette mélo-die, qui devoit regner dans toute la piéce, puisqu'elle n'etoit pas moins essen-tielle que les mœurs, étoit un des artsmusicaux.(4) Imprimé en 1715.(b) Fect. cap. 26.
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