Reflexions critiques92„ vers, elle le peut encore plus sans musi-„ que. Il faut même avoüer que nous ne" comprenons pas bien comment la mu-„ sique a pû jamais être considérée com-„ me faiſant en quelque ſorte partie de„ la Tragédie; car s'il y a rien au mon-„ de qui paroisse étranger & contrairemême à une action tragique, c'est lechant : N'en déplaise aux inventeurs„ des Tragédies en musique, poëmes„ aussi ridicules que nouveaux, & qu'on» ne pourroit souffrir, si l'on avoit le» moindre gout pour les piéces de théâ-„tre, ou que l'on n'eût pas été enchan-„ té & séduit par un des plus grands» Musiciens qui ayent jamais été. Car les„Opera sont, si je l'ose dire, les grotes-" ques de la Poësie; d'autant plus insup-» portables, qu'on prétend les faire pas-5) ser pour des ouvrages réguliers. Aris-„ tote nous auroit donc bien obligez de„ nous marquer comment la musique a» pû être jugée nécessaire à la Tragédie.„ Au lieu de cela, il s'est contenté de di-»re simplement, que toute sa force étoit„ connue : ce qui marque seulement que„ tout le monde étoit convaincu de cet-» te nécessité, & sentoit les effets mer-» veilleux que le chant produisoit dans„ ces poemes, dont il n'occupoit que les
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