⛪
sur la Poesie & sur la Peinture. 359genre. Quelle inju$tice, par exemplene feroit-on pas à notre siécle, si l'on ju-geoit un jour de l'état où la Poësie dra-matique auroit été de notre tems surles Tragédies de Pradon, ou sur lesComédies de Hauteroche ? Dans lestems les plus féconds en Artisans excel-lens, il se rencontre encore un plus grandnombre d'Artisans médiocres. Il s'y faitencore plus de mauvais ouvrages que debons. Or nous courerions le risque deprononcer sur la foi d'un de ces ouvragesmédiocres, si, par exemple, nous vou-lions juger de l'état où la Peinture étoit àRome sous Auguste, par les figures quisont dans la pyramide de Cestius; quoi-qu'il soit tres-probable que ces figurespeintes à fresque, ayent été faites dansle tems même que le Mausolée fut élevé,& par conséquent sous le regne de cetEmpereur. Nous ignorons quel rang pou-voit tenir entre les Peintres de son tems.l'Artiſan qui les fit ; & ce qui ſe paſſe au-jourd'hui dans tous les Pays, nous apprendsuffisamment que la cabale fait distribuersouvent les ouvrages les plus considéra-bles à des Artisans très-inférieurs à ceuxqu'elle fait négliger.Nous pouvons bien comparer la sculp-ture antique avec la nôtre, parce que