Réflexions critiques342nous sommes parvenus à un certain âge,nous ne rapportions point immédiate-ment à leur idée les mots de cette langueétrangere, mais bien aux mots de notrelangue naturelle, qui sont associez avecces idées-là. Ainsi un François qui ap-prend l'Anglois, ne lie point immédiatement au mot Anglois God l'idée de Dieumais bien au mot Dieu. Lorsqu'il entendensuite prononcer God, l'idée qui se ré-veille d'abord en lui, est celle de la si-gnification que ce mot a en François.L'idée de Dieu ne se réveille en lui qu'ensecond lieu. Il semble qu'il lui failled'abord se traduire le premier mot à luimême.Qu'on traite, si l'on veut, cette ex-plication de subtilité, il sera toujoursvrai de dire, que dès que notre cerveaun'a pas été habitué dans l'enfance à nousreprésenter promptement certaines idéesaussi tôt que certains sons viennent frap-per nos oreilles, ces mots font sur nousune impression & plus foible & plus len-te que les mots ausquels nos organes sonten habitude d'obéïr dès l'enfance. L'o-pération que font les mots, est dépendante du ressort mécanique de nos organes,& par conséquent elle doit dépendre dela facilité comme de la promptitude de
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