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Premiere Partie (1746)
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296Reflexions critiquestorien François, qui pour faire le détaild'un siège, d'un combat naval ou d'uneséance du Parlement, a eu sous sa maintous les termes propres qui ſont néceſſai-res à sa narration, ne peut trouver desmots synonimes dans la Langue Lati-ne. Comme les Romains ne connois-soient pas les choses dont le traducteurdoit parler, les Romains n'avoient pointde termes propres pour les signifier. Ilsn'avoient point de mots propres pourdire un mortier, & l'angle ſaillant d'unecontreſcarpe, parce qu'ils n'avoient pasces choses-là. Le traducteur est donc re-duit à se servir de périphrase, et à nepouvoir rendre qu'en plusieurs mots ceque l'Ecrivain François a pû dire par unseul mot. Mais cette prolixité n'est qu'u-ne prolixite d'accident, comme $eroit laprolixité d'un François qui traduiroit lerécit d'un repas donné par Lucullus, oula description d'un combat de gladia-teurs, & qui par conséquent seroit obli-gé de parler de beaucoup de choses quin'ont pas de nom en notre langue. Ainsile Latin est toujours plus court que leFrançois, dès qu'on écrit sur des sujetspour lesquels les deux langues sont éga-lement avantagées de termes propres. Onrien ne sert plus à rendre une phrase éner-