Réflexions critiques274tique, ne trouve pas. D'ailleurs ces évé-nemens prodigieux exigent du Poëte deleur procurer la croyance du spectateur.autant qu'il est possible ; & un moyen dela leur procurer, c'eſt de les faire racon-ter dans les termes les plus simples & lesmoins capables de faire soupçonner celuiqui parle d'exagération. Mais, commeje viens de le dire, il faut qu'hors de cesdeux occaſions, le ſtyle de la Poëſie ſoitrempli de figures qui peignent ſi bien lesobjets décrits dans les vers, que nous nepuissions les entendre, sans que notreimagination soit continuellement remplie des tableaux qui s'y succedent les unsaux autres, à me$ure que les périodes dudiscours se succédent les unes aux au-tres.Chaque genre de poëme a quelquechoſe de particulier dans la Poëſie de ſonstyle. La plûpart des images, dont il con-vient que le ſtyle de la Tragédie ſoit nourri, pour ainsi dire, sont trop graves pourle style de la Comédie. Du moins le Poe-te comique ne doit-il en faire qu'un usage très-sobre. Il ne doit les employer quepour faire parler Chrémes, lorsque ce per-sonnage entre pour un moment dans unepassion tragique. Nous avons déja ditque les Eglogues empruntoient leurs
Tremia