sur la Poësie & sur la Peinture. 251gner sensiblement de la proportion natu-relle des corps ; à ne point leur donnerplus de forces qu'il est vraisemblable qu'ilsen puissent avoir. Un Peintre pécheroitcontre ces loix, s'il faisoit lever par unhomme qui seroit mis dans une attitude.laquelle ne lui laisseroit que la moitié deses forces, un fardeau qu'un hommequi peut faire usage de toutes ses forcesauroit peine à ébranler. Encore moinsfaut-il faire porter à une figure un tron-çon de colonne, ou quelque autre far-deau d'une pésanteur excessive, et au-de$$us des forces d'un Hercule. Mais $il'on suppose, dira-t'on, que ces figuressont des Génies bons ou mauvais, dontles forces $ont plus qu'humaines, alors lavrai$emblance n'en souffrira point. A ce-la je réplique, que le Peintre aura bienalors la raison pour lui, mais il aura lessens contre lui. A qui doit-il plaire prin-cipalement? Je ne parlerai point plus aulong de la vraisemblance mécaniqueparce qu'on en trouve des regles très-détaillées dans les livres qui traitent del'Art de la Peinture.La vraisemblance poëtique consiste àdonner à ses personnages les passions quileur conviennent suivant leur âge, leurdignité, suivant le tempérament qu'onL vj
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