sur la Poësie & sur la Peinture. 187à Marseille. Le nud de ces Divinitezfait un effet merveilleux dans la composi-tion, parmi tant de figures habillées quel'histoire obligeoit d'y mettre.Je réponds que cette licence donnéeaux Peintres & aux Poëtes, doit s'enten-dre, comme Horace l'explique lui-mê-me, sed non ut placidis, coeant immitia.C'est-à-dire, que cette licence ne s'étendpoint à rassembler en un même tableaudes choses incompatibles, comme sontl'arrivée de Marie de Médicis à Marseil-le, & des Tritons qui sonnent de leursconques dans le port. Marie de Médicisn'a jamais dû se rencontrer en un mêmelieu avec des Tritons, quand bien mê-me on supposeroit un lieu Pittore$que,comme Monsieur Corneille vouloit qu'onsupposât un lieu théâtral. Si Rubens avoitbesoin de figures nues pour faire valoirson dessein & son coloris, il pouvoit in-troduire dans son tableau des Forçatsaidans au débarquement, & les mettreen telle attitude qu'il auroit voulu.Ce n'est point que je dispute aux Pein-tres le droit qui leur est acquis de peindredes Sirenes, des Tritons, des Néréïdes,des Faunes & toutes les Divinitez fabu-leuses, nobles chimeres dont l'imagina-tion des Poëtes peupla les eaux & les fo-
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