sur la Poësie & sur la Peinture. 173leur maître dont ils faisoient la richesse.D'autres enfin étoient chargez de l'em-barras de pourvoir aux nécessitez de cesBergers. Aussi tranquilles donc sur leursubsistance que le Religieux d'une richeAbbaye, ils avoient la liberté d'esprit né-cessaire pour se livrer aux goûts que ladouceur du climat dans les contrées qu'ilshabitoient, fai$oit naître en eux. L'airvif & presque toujours serain de ces ré-gions subtili$oit leur $ang, & les di$po-soit à la Musique, à la Poësie & aux plai-sirs les moins grossiers. Beaucoup d'entreeux étoient encore nez ou élevez dans lesmaisons que leur maître avoit dans uneville, & ce maître ne leur avoit pasplaint une éducation qui tournoit tou-jours à son profit, soit qu'il voulût ven-dre ou garder ces eſclaves. Aujourd'huimême, quoique l'état politique de cescontrées n'y laisse point les habitans de lacampagne dans la même aisance où ilsétoient autrefois; quoiqu'ils n'y reçoi-vent plus la même éducation, on les voitencore néanmoins sensibles à des plaisirsfort au-dessus de la portée de nos Paysans.C'est avec la guitare sur le dos que lesPaysans d'une partie de l'Italie gardentleurs troupeaux, & qu'ils vont travaillerà la culture de la terre : ils sçavent encoreH ij
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