Réslexions critiques172Paysans, occupez uniquement à se pro-curer par les travaux pénibles d'une vielaborieu$e, de quoi subvenir aux be$oinsles plus pressans d'une famille toujoursindigente? L'âpreté du climat sous le-quel nous vivons, les rend grossiers, &les injures de ce climat multiplient enco-re leurs besoins. Ainsi les Bergers langou-reux de nos Eglogues ne sont point d'a-près nature ; leur genre de vie dans le-quel ils font entrer les plaisirs les plus dé-licats entremêlez des soins de la vie cham-pêtre, & surtout de l'attention à bienfaire paître leur cher troupeau, n'est pasle genre de vie d'aucun de nos conci-toyens.Ce n'est point avec de pareils phan-tômes que Virgile & les autres Poetes del'antiquité ont peuplé leurs aimables pay-sages ; ils n'ont fait qu'introduire dansleurs Eglogues les Bergers & les Paysansde leur pays & de leur tems un peu anno-blis. Les Bergers & les Pasteurs d'alorsétoient libres de ces soins qui dévorentles nôtres. La plûpart de ces habitans dela campagne étoient des esclaves queleurs maîtres avoient autant d'attentionà bien nourrir, qu'un Laboureur en a dumoins pour bien nourrir ses chevaux. Lesoin des enfans de ces escaves regardoit
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