166Réflexions critiquescomme les piéces Italiennes qui ne sontpoint composées dans nos mœurs, nepeuvent amuser le public, les Comédiensdont je parle, ont encore été obligez dejouer des piéces écrites dans les mœursFrançoises. Les premiers Auteurs Anglois qui mirent en leur langue les Co-médies de Moliere, les traduisirent motà mot. Ceux qui l'ont fait dans la suite.ont accommodé la Comédie Françoiseaux mœurs Angloises. Ils en ont changéla scéne & les incidens, & elles en ontplû davantage. C'est ainsi que MonsieurWycherley en usa, lorsqu'il fit du Misantrope de Moliere son Homme au franc pro-cédé qu'il suppose être un Anglois & homme de mer.Nos premiers faiſeurs d'Opera ſe ſontégarez, ainsi que nos Poëtes comiques,pour avoir imité trop servilement lesOpera des Italiens de qui nous empruntions ce genre de spectacle, sans faireattention que le goût des François ayantété élevé par les Tragédies de Corneille& de Racine, ainsi que par les Comédiesde Moliere, il exigeoit plus de vraisem-blance, qu'il demandait plus de régularité & plus de dignité dans les Poëmesdramatiques, qu'on n'en exige au-delàdes Alpes. Aussi nous ne sçaurions plus
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