Réflexions critiques52présentez, n'auroient obtenu de nousqu'une attention très-légere. Il n'estrien dans l'action d'une fête de villageou dans les divertissemens ordinairesd'un corps-de-garde qui puisse nousemouvoir. Il s'ensuit donc que l'imi-tation de ces objets peut bien nous amu-ser durant quelques momens, qu'ellepeut bien nous faire applaudir aux ta-lens que l'ouvrier avoit pour l'imitation,mais elle ne sçauroit nous toucher. Nouslouons l'art du Peintre à bien imiter.mais nous le blâmons d'avoir choisi pourl'objet de son travail des sujets qui nousintéressent si peu.Le plus beau paysage, fût-il du Ti-tien & du Carrache, ne nous intéreſſe pasplus que le ferait la vûë d'un canton depays affreux ou riant : il n'est rien dansun pareil tableau qui nous entretienne,pour ainsi dire ; & comme il ne noustouche guéres, il ne nous attache pasbeaucoup. Les Peintres intelligens ontſi bien connu, ils ont ſi bien ſenti cettevérité, que rarement ils ont fait despaysages déserts & sans figures. Ils lesont peuplez, ils ont introduit dans cestableaux un sujet composé de plusieurspersonnages dont l'action fût capable denous émouvoir, & par conséquent de
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