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ſur la Poëſie & ſur la Peinture.51tions qu'elles sçavent faire des objetscapables de nous intéresser : la plusgrande imprudence que le Peintre ou lePoëte puissent faire, c'est de prendrepour l'objet principal de leur imitationdes choses que nous regarderions avecindifférence dans la nature : c'est d'em-ployer leur Art à nous représenter desactions qui ne s'attireroient qu'une ar-tention médiocre si nous les voyions vé-ritablement. Comment serons-nous tou-chez par la copie d'un original inca-pable de nous affecter? Comment se-rons-nous attachez par un tableau quireprésente un villageois passant son che-min en conduisant deux bêtes de som-me, si l'action que ce tableau imite nepeut pas nous attacher? Un conte en versqui décrit une avanture que nous au-rions vûë, ſans y prendre beaucoup d'in-térêt, nous interessera encore moins.L'imitation agit toujours plus foible-ment que l'objet imité : (a) Quidquidalteri simile est, necesse est minus sit, eòquod imitatur. L'imitation ne sçauroitdonc nous émouvoir, quand la choseimitée n'est point capable de le faire.Les sujets que Teniers, Wowermans &les autres Peintres de ce genre ont re-(a) Quintil. Instit. lib. 10. c. 2.C 1