Reflexions critiques10après ce qu'ils appellent leur plaisir,comme à se livrer a des passions dontils connoissent les suites fâcheuses, mê-me par leur propre expérience. L'in-quiétude que les affaires causent, ni lesmouvemens qu'elles demandent, ne sçau-roient plaire aux hommes par eux-mêmes.Les passions qui leur donnent les joiesles plus vives, leur causent aussi des pei-nes durables & douloureuses ; mais leshommes craignent encore plus l'ennui quisuit l'inaction, et ils trouvent dans lemouvement des affaires & dans l'yvreſſedes passions une émotion qui les tientoccupez. Les agitations qu'elles exci-tent, se réveillent encore durant la soli-tude ; elles empêchent les hommes de serencontrer tête à tête, pour ainsi direavec eux-mêmes sans être occupez, c'està-dire, de se trouver dans l'affliction oudans l'ennui.Quand les hommes dégoutez de cequ'on appelle le monde prennent la ré-solution d'y renoncer, il est rare qu'ilspuissent la tenir. Dès qu'ils ont connul'inaction, si-tôt qu'ils ont comparé cequ'ils souffroient par l'embarras des af-faires & par l'inquiétude des passions,avec l'ennui de l'indolence, ils viennentà regreter l'état tumultueux dont ils
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