Druckschrift 
Seconde Partie (1746)
Entstehung
Seite
564
Einzelbild herunterladen
 

Reflexions critiques564On dit vulgairement que César, s'ilrevenoit au monde, & qu'il vît les armesà feu & les fortifications à la moderne, enun mot toutes les armes dont nous nousservons pour attaquer & pour défendre,seroit bien étonne. Il lui faudroit, ajou-te-t'on, recommencer son apprentissa-ge, & le faire même assez long, avantqu'il fût capable de mener deux millehommes à la guerre. En aucune façon,disoit le Maréchal de Vauban, qui sen-toit d'autant mieux la force du génie deCésar, que lui-même il en avoit beau-coup. César sçauroit en moins de six moistout ce que nous sçavons ; & dès qu'ilauroit connu nos armes, dès qu'il auroitconnu, pour s'expliquer ainsi, la naturede nos traits & celle de nos boucliers,son génie sçauroit en faire des usagesdont peut-être nous ne nous avisonspoint.Quoique l'art de la Peinture renfer-me aujourd'hui une infinité d'observa-tions & de connoissances qu'il ne renfer-moit pas encore du tems de Raphaël,nous ne voyons pas cependant que nosPeintres égalent cet aimable génie. Ain-si, supposé que nous sçachions quelquechose dans l'art de disposer le plan d'unpoëme, & de donner aux personnages