518Réflexions critiquespartie, & qui décide presque entiére-ment du succès d'un poème, est si défigu-rée dans la meilleure traduction, qu'ellen'y est presque plus reconnoissable.Il est toujours difficile de traduireavec pureté, comme avec fidélité, unAuteur, même celui qui ne fait queraconter des faits, & dont le style est leplus simple, principalement quand cetEcrivain a composé dans une langueplus favorable pour les expressions fortes& précises, que la langue dans laquelleon entreprend de le traduire. Il est donctrès difficile de traduire en François tousles Ecrivains qui ont composé en Grec& en Latin. Qu'on juge donc, s'il estpossible, de traduire le style figuré desPoëtes qui ont écrit en Grec ou en La-tin, sans énerver la vigueur de leur sty.le, & ſans le dépoüiller de ſes plus grandsagrémens.Ou le Traducteur se donne la liber-té de changer les figures, & d'en substi-tuer d'autres qui sont en usage dans salangue, à la place de celles dont sonAuteur s'est servi; ou bien il traduitmot à mot ces figures, & il conservedans sa copie les mêmes images qu'ellesprésentent dans l'original. Si le Tra-ducteur change les figures, ce n'est plus
###3200si est tro2 valen###—