sur la Poësie & sur la Peinture. 517que nous sommes la premiere générationd'hommes raisonnables que la terre aitencore portée.Mais, dira-t'on, des traductions fai-tes par des Ecrivains sçavans & habilesne mettent-elles point, par exemple,ceux qui n'entendent pas le Latin enétat de juger par eux-mêmes, en état dejuger par voie de sentiment de l'Enéïdede Virgile?Je tombe d'accord que l'Enéïde deVirgile en François, tombe, pour ainsidire, sous le même sens qui auroit jugédu poënie original ; mais l'Enéïde enFrançois n'est plus le même poëme quel'Enéïde en Latin. Une grande partiedu mérite d'une poëme Grec ou Latinconsiste dans le rithme & dans l'har-monie des vers ; & ces beautéz très-sensibles dans les originaux, ne sçau-roient être, pour ainsi dire, tranplan-tées dans une traduction Françoise.Virgile lui-même ne pourroit pas les ytransplanter, d'autant que notre lan-gue n'est pas susceptible de ces beautéz.autant que la langue Latine, commenous l'avons exposé dans la premierepartie de cet ouvage. En second lieu lapoësie du style dont nous avons encoreparlé fort au long dans cette premiere
Einzelbild herunterladen
verfügbare Breiten