Reflexions critiques502gile de la même maniere que les con-temporains de ce Poëte l'avoient prise.Ces peuples $i différens les uns des au-tres par la langue, par la religion & parles mœurs, se sont réunis dans le senti-ment de vénération pour Virgile, dèsqu'ils ont commencé à se polir, dès qu'ilsont été capables de l'entendre. Ils n'ontpas trouvé l'Enéïde un poëme excel-lent, parce qu'on leur avoit dit au Col-lége qu'il le falloit admirer. Ils n'enavoient pas encore, mais parce qu'ils onttrouvé ce poëme excellent dans la lectu-re, ils ont tous été d'avis de faire de sonétude une partie de l'éducation $çavantede leurs enfans.Dès que les peuples Septentrionauxont eu des établissemens sur le terri-toire de l'Empire Romain ; dès qu'ilsont sçu le Latin, ils ont pris pour Vir-gile le même goût que les compatriotes de cet aimable Poëte, avoient tou-jours euë pour lui. Je me contenteraid'en alléguer un exemple. Théodoricpremier Roi des Visigots établis dansles Gaules, & contemporain de l'Em-pereur Valentinien III. avoit voulu queson fils Théodoric II. s'appliquât a l'é-tude de Virgile. Ce dernier Théodoricdit, en parlant au célébre Avitus, qui
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