Réflexions critiques408hantent nos spectacles aussi librementque les hommes, & l'on parle souventdans le monde de poësie, & principale-ment de poësie dramatique. Ainsi le pu-blic en sçait assez pour rendre justicetrès-promptement aux mauvaises piéces.& pour $outenir les bonnes contre la ca-bale.La justice que le public rend aux ou-vrages qui se publient par la voie del'impression, peut bien se faire attendredurant quelques mois ; mais ceux quiparoissent sur le théâtre, ont plutôt rem-pli leur destinée. Il n'y auroit rien decertain en vertu des lumieres humainesſi quatre cens perſonnes qui s'entrecom-muniquent leur sentiment, pouvoientcroire qu'elles ſont touchées, quand ellesne le sont pas, ou si elles pouvoient êtretouchées, sans qu'on leur eût présentéun objet réellement intéressant. Vérita-blement le public ne sçauroit faire si-tôtla différence du bon à l'exquis. Ainsi lepublic ne louëra point d'abord une pié-ce comme Phedre, autant qu'elle le mé-rite. Il ne sçauroit concevoir tout leprix de l'ouvrage, qu'après l'avoir vuplu$ieurs fois, ni lui donner la préemi-nence dont il est digne, qu'apres avoircomparé durant un tems le plaisir qu'il
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