Reflexions critiques400cloître du Monastere. Les comparai-sons qui s'y faisoient tous les jours entreles Maîtres François & les Maîtres Ita-liens, avoient autant irrité nos Romainsjaloux, que les comparaisons qui se fai-soient à Paris, il y a quatre-vingt ansentre les tableaux que le Sueur avoitpeints dans le petit cloître des Char-treux de cette Ville, & ceux que pei-gnoit le Brun, irritoient les Eleves dece dernier. Comme il fallut alors que lesChartreux de Paris enfermassent les ta-bleaux de le Sueur, pour les mettre àcouvert des outrages que leur faisoientquelques Eleves de le Brun, il a falluque les Chartreux de Rome ne laissas-sent plus ouverte à tous venans la galle-rie ou les estampes des Peintres Fran-çois sont exposées.Le préjugé des François est en fa-veur des étrangers où il ne s'agit pas decuiſine & de bon air, mais celui des Ita-liens est contraire aux Ultramontains.Le François suppose d'abord l'Artisanétranger plus habile que son concitoyen,& il ne revient do cette erreur, quandil s'est abusé, qu'après plusieurs compa-raisons. Ce n'est pas sans peine qu'il con-sent d'estimer un Artisan né dans le mê-me pays que lui, autant qu'un Artisan
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