Réflexions critiques378du cœur fermée. Nihil intrare potest inaffectum, quod in aure velut quodam vesti-bulo statim offendit.Les décisions des gens du métierbien que sujettes à toutes les illusionsdont nous venons de parler, ne laissentpoint d'avoir beaucoup de part à la pre-mière réputation d'un ouvrage nouveau.En premier lieu, s'ils ne peuvent pas fai-re blâmer un ouvrage par ceux qui leconnoissent, ils peuvent empêcher beau-coup de gens de le connoître, en les détournant de l'aller voir, ou de le lire. Cespréventions qu'ils répandent dans le monde, ont leur effet durant un tems. Ensecond lieu, le public prévenu en faveurdu discernement des gens du métier.penſent durant un tems qu'ils ayent meil-leure vûë que lui. Ainsi comme l'ouvra-ge auquel ils veulent bien rendre justi-ce, parvient bientôt à la réputation bon-ne ou mauvaise qui lui est dûë, le con-traire arrive, lorsqu'ils ne la lui rendentpas, $oit qu'ils prévariquent, $oit qu'ilsse trompent de bonne foi. Quand ils separtagent, ils détruisent leur crédit, &le public juge sans eux. C'est à l'aide dece partage qu'on a vu Moliere & Raci-ne parvenir si promptement à une gran-de réputation.
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