368 Réflexions critiquess'occupent des imitations comme d'untravail, au lieu que les autres hommesne les regardent que comme des objetsintéressans. Ainsi le sujet de l'imitation,c'est-à-dire, les événemens de la Tragé-die & les expressions du tableau, fontune impression légere sur les Peintres &sur les Poëtes sans génie, qui sont ceuxdont je parle. Ils sont en habitude d'ê-tre émus ſi foiblement, qu'ils ne s'apper-çoivent presque pas si l'ouvrage les tou-che, ou s'il ne les touche point. Leurattention se porte toute entiere sur l'e-xécution mécanique, & c'est par-làqu'ils jugent de tout l'ouvrage. La poë-sie du tableau de Monsieur Coypel, quireprésente le sacrifice de la fille de Jep-thé, ne les saisit point, & ils l'exami-nent avec autant d'indifférence que s'ilreprésentait une danse de paysans, ouquelque sujet incapable de nous émou-voir. Insensibles au pathétique de sesexpressions, ils lui font son procès enconsultant uniquement la regle & lecompas, comme si un tableau ne devoitpas contenir des beautez supérieures àcelles dont ces instrumens sont les jugessouverains.C'est ainsi que la plûpart de nos Poë-tes examineroient le Cid, si la piéce étoit
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