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Seconde Partie (1746)
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327
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sur la Poesie & sur la Peinture. 327dans leurs sensations. Il est aussi rare devoir des hommes nez sans le sentimentdont je parle, qu'il est rare de trouverdes aveugles nez. Mais on ne sçauroitle communiquer à ceux qui en manqueroient, non plus que la vûë & l'ouïe. (a)Nec magis arte traditur quàm gustus autodoratus. Ainsi les imitations font leuresset sur nous, elles nous font rire oupleurer, elles nous attachent avant quenotre raison ait eu le tems d'agir & d'exa-miner. On pleure à une Tragédie avantque d'avoir discuté si l'objet que le Poe-te nous y présente, est un objet capablede toucher par lui-même, & s'il est bienimité. Le sentiment nous apprend cequi en est, avant que nous ayons pensé àen faire l'examen. Le même instinct quinous feroit gémir par un premier mou-vement à la rencontre d'une mere quiconduiroit son fils unique au tombeau,nous fait pleurer, quand la scene nousfait voir l'imitation fidéle d'un pareilévénement.On reconnoît si le Poëte a choisi unobjet touchant, & s'il l'a bien imité;comme on reconnoît, sans raisonner, sile peintre a peint une belle personne,ou ſi celui qui a fait le portrait de notre(a) Quintil. Inst. lib. 6. cap. 6.