326Keslexions critiquesd'un récit sont touchans, ou s'ils con-viennent aux paroles, & si le chant enest mélodieux. Lorsqu'il s'agit de con-noître si l'imitation qu'on nous présen-te dans un poëme ou dans la composi-tion d'un tableau, est capable d'exciterla compassion & d'attendrir, le sens des-tiné pour en juger, est le sens même quiauroit été attendri, c'est le sens qui au-roit jugé de l'objet imité. C'est ce sixié-me sens qui est en nous, sans que nousvoyions ses organes. C'est la portion denous-mêmes qui juge sur l'impressionqu'elle ressent, & qui, pour me servirdes termes de Platon, (a) prononce,ſans conſulter la regle & le compas. C'eſtenfin ce qu'on appelle communémentle sentiment.Le cœur s'agite de lui-même, & parun mouvement qui précede toute dé-libération, quand l'objet qu'on lui pré-sente est réellement un objet touchantsoit que l'objet ait reçu son être de lanature, soit qu'il tienne son existenced'une imitation que l'art en a faite. No-tre cœur est fait, il est organisé pour cela.Son opération prévient donc tous lesraiſonnemens, ainſi que l'opération del'œil & celle de l'oreille les devancent(a) De Republ. lib. 2.
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