sur la Poësie & sur la Peinture. 245Une autre preuve sensible du pou-voir que les qualitez de l'air ont surnous, est ce qui nous arrive en voya-geant. Comme nous changeons d'airen voyageant, à peu près comme nousen changerions, si l'air du pays où nousvivons, s'altéroit, l'air d'une contréenous ôte une partie de notre appétitordinaire, & l'air d'une autre contréel'augmente. Un François refugié enHollande, se plaint du moins trois foispar jour, que sa gaieté & son feu d'es-prit l'ont abandonné. L'air natal est unremede pour nous. Cette maladie qu'onappelle le Hemvé en quelque pays, &qui donne au malade un violent desirde retourner chez lui, Cum notos tristisdesiderat Hoedos, (a) est un instinct quinous avertit que l'air où nous nous trou-vons, n'est pas aussi convenable à notreconstitution que celui pour lequel unsecret instinct nous fait soupirer. LeHemvé ne devient une peine de l'espritque parce qu'il est réellement une peinedu corps. Un air trop différent decelui auquel on est habitué, est unesource d'indisposition & de maladies.(4) Jev. Sat. 13.Lv
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