236Réflexions critiquesLorſqu'il m'arrive donc de comparer notreſiécle avec les ſiécles précedens, & de faireréflexion que c'eſt vainement que nous vou-lons imiter nos devanciers qui n'étoient quedes hommes comme nous, je ne ſçaurois merendre à moi-même une raiſon de la difference ſenſible qu'on remarque entre leurs pro-ductions & les nôtres, laquelle me ſatis-fasse.Le sentiment de Parterculus est icid'une autorité d'autant plus grandeque ses contemporains avoient entre lesmains, lorsqu'il écrivoit, une infinitéd'ouvrages que nous n'avons plus. Laplûpart sont perdus aujourd'hui, & nousne sçaurions, pour aisi dire, juger le pro-cès aussi-bien qu on le pouvoit juger alors.D'ailleurs l'experience de ce qui s'est pas-sé depuis Paterculus, donne encore unnouveau poids à ses réflexions. Nous a-vons vu que la destinée du siécle de LeonX. avoit été la même que celle du siéclede Platon & celle du ſiécle d'Auguſte.
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