162 Réflexions critiquesligens. Les Indiens qui ont si bien ap-pris les autres arts que les Espagnolsleur ont enseignez, qu'ils sont devenuspar exemple, meilleurs Massons queleurs maîtres, n'ont rien trouvé dans lesrableaux d'Europe qui fût à leur portéeque la vivacité des couleurs brillantes.C'est ce qu'ils ont imité avec succès. Ilsy surpassent même leurs originaux, à ceque j'ai oüi dire à des personnes qui ontvu dans le Mexique plusieurs Coupolespeintes par des Artisans Indiens.Les Chinois si curieux des peinturesde leur pays, ont peu de goût pour lestableaux d'Europe, où, disent-ils, onvoit trop de taches noires. C'est ainsiqu'ils appellent les ombres. Après avoirfait réflexion sur toutes les choses que jeviens d'alléguer, & sur plusieurs autresconnuës généralement, & qui prouventnotre proposition, on ne sçauroit s'em-pêcher d'être de l'opinion de M. deFontenelle, qui dit, en parlant des lu-mieres & du tour d'esprit des Orien-taux: (a) En vérité, je crois toujours deplus en plus qu'il y a un certain génie quin'a pas encore été hors de noire Europe, oudu moins qui ne s'en est pas beaucoup éloi-gné.(a) Pluralité des mondes. Sixiéme soir.
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