sur la Poësie & sur la Peinture. 15Il y a trente ans que le feu ChevalierChardin nous donna enfin les desseinsdes ruines de Persepolis. On voit parces desseins que les Rois de Perse, dontl'histoire ancienne nous vante tant l'o-pudence, n'avoient à leurs gages quedes Ouvriers médiocres. Les OuvriersGrecs n'alloient point apparemmentchercher fortune au service du Roi desPerses, aussi volontiers que le faisoientles soldats Grecs. Quoi qu'il en soit, onn'est plus aussi surpris, après avoir vu cesdesseins, qu'Alexandre ait mis le feudans un Palais dont les ornemens luidevoient paroître grossiers, en compa-raison de ce qu'il avoit vu dans la Gre-ce. Les Perses étoient sous Darius, ceque $ont aujourd'hui les Per$ans qui ha-biteut le même pays qu'eux, c'est-à-dire,des Ouvriers tres-patiens & très-habiles,quant au travail de la main, mais sansgénie pour inventer, & sans talent pourimiter les plus grandes beautez de la na-ture.L'Europe n'est que trop remplie au-jourd'hui d'étoffes, de porcelaine, &des autres curiositez de la Chine & del'Asie Orientale. Rien n'est moins pit-toreſque que le goût de deſſein & de co-loris qui regne dans ces ouvrages. On a
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