J. deker demeKhlIIS 16.
sur la Poësie & sur la Peinture.ner à comprendre l'excès de la douleurdu pere de la victime. Le Poussin a pûse servir de ce trait pour exprimer lamême chose, en représentant Agrippi-ne qui se cache le visage avec les mainsdans le tableau de la mort de Germani-cus. Le tableau du Peintre Grec ne sub-sistoit plus, quand le Peintre Françoisfit le sien. Mais le Poussin auroit étéblâmé d'avoir volé ce trait, s'il se fûttrouvé dans un tableau, ou de Raphaël,ou du Carrache.Comme il n'y a point de mérite àdérober une tête à Raphaël ou une figu-re au Dominiquain; comme le larcin sefait sans grand travail, il est défendusous peine du mépris public. Mais com-me il faut du talent & du travail pouranimer le marbre d'une figure antique.& pour faire d'une statuë un per$onna-ge vivant, & qui concoure à une actionavec d'autres personnages, on est loüéde l'avoir fait. Qu'un Peintre se servedonc de l'Apollon de Belveder pour re-présenter Persée ou quelque autre Hé-ros de l'âge de Perſée, pourvû qu'il ani-me cette statuë, & qu'il ne se contentepas de la dessiner correctement pour laplacer dans un tableau telle qu'elle estdans ſa niche. Que les Peintres donnentD vj