sur la Poesie & sur la Peinture. 62tur. Le Peintre peut donc faire part dessecrets de sa pratique, mais il ne sçau-roit faire part de ses talens pour la com-position & pour l'expression. Souventmême l'Eleve dépourvu du génie, nepeut atteindre la perfection où son maî-tre est parvenu dans la mécanique del'art. L'imitateur servile doit demeurerau-dessous de son modéle, parce qu'iljoint ses propres défauts aux défauts decelui qu'il imite. D'ailleurs si le maîtreest homme de génie, il se dégoûte bien-tôt d'enseigner un pareil sujet. Il est ausupplice, quand il voit que son Eleven'entend qu'avec peine ce qu'il compre-noit d'abord, lorsque lui-même il etoitEleve. (a) Quod enim ipse celeriter arri-puit, id cùm tardé percipi videt, discru-ciatur.On ne trouve rien de nouveau dansles compositions des Peintres sans gé-nie, on ne voit rien de singulier dansleurs expressions. Ils sont si stériles, qu'a-près avoir longtems copié les autres, ilsen viennent enfin à se copier eux-mê-mes ; & quand on sçait le tableau qu'ilsont promis, on devine la plus grandepartie des figures de l'ouvrage. L'habi-tude d'imiter les autres, nous conduit.(a) Cic. pro Koscio.
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