40Réflexions critiquesde bons sujets à leurs Eglises. Ces enfansdevenus de jeunes gens, ne se tiennentpas toujours obligez de suivre les vûëspieu$es de leurs bienfaicteurs. Si leur génie les pousse à la Poësie, ils s'y livrent& ils s'adonnent à une profession, pourlaquelle ils n'avoient pas été destinezmais dont leur éducation les a renduscapables. Comment croire qu'il reste debonnes graines sur la terre, quand lemonde recueille avec soin celle qui don-ne la moindre espérance !Je dirai encore plus. Quand la ma-lignité des conjonctures auroit asservil'homme de génie à une profession ab-jecte, avant qu'il eût appris à lire, voilàce qu'on peut supposer de plus odieuxcontre la fortune, son génie ne laisse-roit pas de se manifester. Il apprendraà lire à vingt ans, pour joüir, indépen-demment de personne, du plaisir sensi-ble que font les vers à tout homme quiest né Poëte. Bien-tôt il fera lui-mêmedes vers. N'avons-nous pas vu deux Poëtes se former dans les boutiques de deuxmétiers, qui ne sont pas certainementdes plus nobles.: le fameux Menuisierde Nevers, & le Cordonnier, Répara-teur des Brodequins d'Apollon ? AubryMaître Paveur à Paris, n'a t'il pas fait
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