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LE MIROIR
Qu’une force vivante, infinie, en mes fibresLes plus secrètes circule et vibre,
Je me sens vivre !
Divins moments de clairvoyance,
O vertige délicieux,
Je vis! C’est moi qui veux, qui comprends et qui pense,Ce sont mes mains, mes lèvres et mes yeuxQui touchent, qui savourent et qui voient,
Qui s’enivrent de toute la joieDe l’univers miraculeux!
Enivrez-vous, mes sens, enivrez-vous de vivre.
O mon esprit, enivre-toiDe toute la magnificence du ciel libre,
De toute la beauté du monde, enivre-toi !
Mais voici qu’une voix, la bonne conseillère,
Me dit tout bas :
« Mon fils, dépouille ton orgueil,Incline un front humble et soumis au seuilDe la maison de vie et de lumière.